La Défense des journalistes free-lance
A
un moment ou les questions relatives aux problèmes environnementaux se
sont multipliées aussi bien sur les aspects scientifiques et techniques
que sur les questions de santé publique et d'impacts économiques; le
besoin s'est fait sentir pour des rédactions d'avoir des journalistes
de plus en plus préparés à couvrir ces thèmes. Des cours et des
sessions sont montés, des cycles de conférences sont organisés au sein
même des écoles de journalistes et des universités pour permettre aux
étudiants-journalistes et aux journalistes déjà en cours de carrière
d'avoir les connaissances de base utiles. Ainsi ce profil de
journaliste "spécialisé environnement" est-il en train de se constituer
afin de permettre aux rédactions de mieux répondre aux attentes des
lecteurs, des auditeurs et ou des téléspectateurs. Enseignements
supérieur, Ecole de journalist
Être
journaliste freelance n'est plus une forme «atypique» de travail. Dans
plusieurs pays, plus de la moitié des journalistes sont freelances. Il
est vrai qu'un certain nombre préféreraient avoir un emploi stable et
ne sont pas freelance par choix. Ils ont été poussés à adopter un
statut d'indépendants par des employeurs qui veulent éviter d'octroyer
le statut d'employé aux journalistes qui travaillent pour eux.
De
nombreux autres, en revanche, apprécient la liberté, la varieté et la
souplesse que leur offre le travail en tant que freelance. Ils estiment
que c'est le mode de travail naturel des journalistes. Le défi de
l'avenir des pigistes/freelance va constituer un test pour les
organisations syndicales de journalistes en Europe et dans le monde
entier. Les contrats, la formation, les droits d'auteur, et les normes
professionnelles représentent autant de questions clés qui se posent à
la communauté des journalistes.
Le
groupe d'experts sur les droits d'auteur (AREG), et le groupe d'experts
sur les freelance (FREG) de la Fédération Européenne des Journalistes
(FEJ) s'efforcent donc de défendre et de promouvoir les droits des
journalistes indépendants.

La liberté de la presse et les conditions de travail des journalistes dans les zones de conflits
>>> Résolution 1438 (2005)[1]
L’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe rappelle l’importance
de la liberté d’expression et d’information dans les médias pour les
sociétés démocratiques et pour toute personne. Cette liberté constitue
une valeur fondamentale garantie partout en Europe par la Convention
européenne des Droits de l'Homme. Une situation de guerre ou de conflit
ne supprime pas la nécessité de la diffusion d’informations adéquates
par les médias ; bien au contraire, elle la rend plus impérieuse encore
2.
Les journalistes en reportage dans des zones à risque, telles que des
zones de guerre ou de conflit ou des zones de non-droit, font souvent
face à des conditions de travail difficiles et dangereuses et sont même
parfois largement et systématiquement pris pour cibles par des groupes
terroristes cherchant à attirer l’attention des médias, comme
actuellement en Irak. Dans certaines circonstances, il convient donc de
mettre en balance, d’une part, la liberté d’expression et d’information
et, d’autre part, d’autres considérations fondamentales, notamment les
droits à la vie, à la liberté et à la sécurité, pour les journalistes.
Il ne faut pas transiger sur la protection de ces droits sous prétexte
que la loi du marché exigerait des reportages en direct des zones à
risque et que le public serait de plus en plus avide de reportages à
sensation.
3.
L’Assemblée déplore la multiplication des assassinats, enlèvements et
disparitions de journalistes travaillant dans des zones de conflit ou
sur des sujets sensibles, et considère ceci comme des atteintes
particulièrement graves à la liberté d’expression et d’information dans
les médias. Un grand retentissement donné aux enlèvements de
journalistes et l’acceptation des demandes des ravisseurs, tel que le
versement de sommes importantes augmentent considérablement les risques
auxquels sont soumis les reporters travaillant dans des zones
dangereuses et limitent ainsi la possibilité, pour le public, d’être
informé valablement.
4.
Préoccupée par la situation de la liberté d’expression et d’information
dans les médias en Irak, l’Assemblée déplore le grand nombre de décès
et de disparitions de journalistes survenus dans ce pays, et le
maintien en détention de Florence Aubenas, Hussein Hanoun al-Saadi,
Sorin Dumitru Miscoci,Marie-Jeanne Ion et Eduard Ovidiu Ohanesian. Elle
demande la libération immédiate des otages.
5.
L’Assemblée rend hommage aux organisations non gouvernementales comme
l’ « International News Safety Institute », l’ « International Press
Institute », Reporters sans frontières, la Fédération internationale
des journalistes, Article 19 et l’ « Institute for War & Peace
Reporting », qui apportent une aide et des conseils aux journalistes
travaillant dans des situations dangereuses et des zones de conflit.
6.
Se félicitant de l’élaboration, à l’initiative de Reporters sans
frontières, de la Charte sur la sécurité des journalistes en zones de
conflit ou de tension, l’Assemblée rappelle l’importance de n’envoyer
dans ces régions que des journalistes expérimentés et bien préparés,
qui partent de leur plein gré, de leur fournir le matériel de sécurité,
de communication et de premiers secours dont ils ont besoin, de leur
apporter une aide psychologique à leur retour, et de les faire
bénéficier d’une assurance couvrant les cas de maladie, de blessure, de
rapatriement, d’invalidité et de décès.
7.
L’Assemblée rappelle et réaffirme que les journalistes doivent être
considérés comme des civils en vertu de l’article 79 du premier
protocole additionnel aux Conventions de Genève de 1949, à condition
qu’ils n'entreprennent aucune action qui porte atteinte à leur statut
de personnes civiles et sans préjudice du droit, pour les
correspondants de guerre accrédités auprès des forces armées, de
bénéficier du statut prévu par l'article 4 A.4 de la Troisième
Convention de Genève, une fois tombés au pouvoir de l’ennemi.
8.
Rappelant la Déclaration du Comité des Ministres et sa Recommandation
N° R(96) 4 sur la protection des journalistes en situation de conflit
et de tension, l’Assemblée invite tous les Etats membres et
observateurs à se conformer pleinement à ces dispositions et notamment
à :
- respecter le droit à la liberté d’expression et d’information;
- ne
pas restreindre l’utilisation des dispositifs de communication, tels
que les téléphones fixes ou mobiles, les téléphones satellites et les
appareils de radiocommunication ;
- donner
des instructions à leurs forces armées et à leurs forces de police pour
qu’elles apportent une assistance et une protection aux journalistes ;
- faciliter
l’accès des journalistes au territoire de leur destination en leur
délivrant les visas et les autres documents de voyage nécessaires ;
- respecter la confidentialité des sources utilisées par les journalistes.
9. Tous les Etats membres et observateurs du Conseil de l’Europe sont appelés :
- à faire en sorte que les journalistes puissent travailler en toute sécurité sur leur territoire ;
- à
enquêter sur tous les actes de violence ou les incidents mortels à
l’encontre de journalistes survenus sur leur territoire, ainsi qu’ à
l’étranger lorsque leurs forces armées ou de sécurité peuvent y avoir
été impliquées, y compris en cas d’incidents dus à des tirs amis.
10.
En outre, l’Assemblée appelle les Etats membres et observateurs du
Conseil de l’Europe à mettre en place des programmes obligatoires de
formation et d’information pour les correspondants de guerre intégrés
au sein des forces armées, ces programmes devant se dérouler avant le
départ.
11.
Les médias devraient indiquer clairement au public quels reportages ont
été réalisés par des correspondants de guerre intégrés au sein de
forces armées ou de sécurité.
12.
L’Assemblée souligne que si, pour leur propre sécurité, les
journalistes qui sont intégrés au sein de forces armées ou de sécurité
ne peuvent travailler que dans certaines zones, les restrictions à
leurs reportages doivent être limitées au strict minimum requis pour
éviter la divulgation d’informations confidentielles susceptibles de
compromettre les opérations militaires en cours.
13.
Les employeurs et les organisations professionnelles de journalistes
devraient organiser des cours pour préparer les journalistes aux
risques des zones de conflits. Les medias devraient déclarer
publiquement qu’aucune rançon ne sera versée aux ravisseurs et
qu’aucune concession politique ne leur sera accordée et que les
déclarations politiques de journalistes pris en otage sont faites sous
la contrainte et n’ont donc aucune valeur.
14.
Tous les journalistes et leurs employeurs sont encouragés à adhérer à
la Charte sur la sécurité des journalistes en zones de conflit ou de
tension élaborée par Reporters sans frontières.
15.
Se référant à la Déclaration du Comité des Ministres sur la protection
des journalistes en situation de conflit et de tension, l’Assemblée
demande au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe d’accorder une
attention particulière au sort des journalistes en situation de conflit
et de tension, et à suivre régulièrement les cas des journalistes
disparus, détenus, blessés ou tués dans l’exercice de leur profession
dans des Etats membres et observateurs ou dans le cadre d’opérations
militaires ou de maintien de la paix menées à l’étranger par des Etats
membres et observateurs du Conseil de l’Europe.

À
propos de l’agression d’un journaliste enquêtant sur
un dépôt illégal d’amiante dans une
décharge
Une victime de l’amiante ayant repéré des déchets apparemment d’amiante
dans une décharge privée à Caudan (Morbihan), il en informa un
journaliste d’Ouest France (rédaction de Lorient). Ce dernier, le 24
juin, se rendit sur place pour vérification de l’information. Il fut
alors pris à partie et frappé par le propriétaire de la décharge,
jusqu’à sa délivrance par les gendarmes. Il a porté plainte.
Une telle agression contre un journaliste ne faisant que son métier
témoigne des difficultés rencontrées dans les problèmes de l’enlèvement
et du traitement des déchets d’amiante.
Alors qu’il est indispensable que peu à peu puissent disparaître des
campagnes les énormes surfaces recouvertes d’amiante-ciment, ces
opérations se déroulent dans l’anarchie la plus complète, le plus
souvent sans précaution ni lors de l’enlèvement ni lors de
l’enfouissage des déchets dans des décharges. La législation sur ces
points n’est pas du tout adaptée.
Par ailleurs les frais occasionnés, en particulier pour les
agriculteurs, peuvent être considérables, alors que les industriels à
l’origine de la fabrication et de la distribution de ces produits
restent libres de toutes charges quant à l’élimination de ces matériaux.
A l’inverse ce sont les mêmes qui dans le passé ont imposé l’usage de
ces matériaux qui, aujourd’hui, profitent du marché du désamiantage. Un
exemple : M. Daniel Bouige, qui fut Président de l’Association
Internationale de l’amiante, le lobby international qui a tout fait
pour maintenir l’usage de l’amiante en particulier en Allemagne et en
France s’est immédiatement reconverti dans les opérations de diagnostic
et de mesurage de l’amiante dans l’air. Depuis l’interdiction du
matériau il est devenu Président du « Laboratoire d’hygiène et de
contrôle des fibres minérales », important laboratoire qui prospère sur
les difficultés des propriétaires d’immeubles où subsistent de
l’amiante en place.
Et ni M. Bouige, ni les autres dirigeants de la Chambre syndicale de
l’amiante n’ont encore été inquiétés dans le cadre des procès au pénal,
tous bloqués depuis 9 ans, alors qu’en Sicile les patrons d’Eternit
viennent récemment d’être condamnés à des peines de prison fermes !
Contact : Ban Asbestos France
Association de lutte contre l'amiante
Henri Pezerat
Tél : 01 48 76 49 07
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